Maisons de films d’horreur

Il n’y a pas si longtemps, je regardais le film « Esther » de Jaume Collet-Serra – ou « Orphan » pour  les anglophones. Ce film d’horreur met en scène une petite famille américaine aisée – le mari est architecte (cliché ?) – à qui il va arriver de grands malheurs. Dans le désir irrépressible d’adoption de la mère, le couple et ses deux enfants accueillent une petite orpheline russe – encore un cliché – dans leur nid familial et havre de paix : une maison à l’architecture contemporaine remarquable et reculée dans la forêt.

Mezzanine

Je n’ai pu à ce jour déterminer qui en était l’architecte ;  la maison pouvant tout aussi bien se situer  dans le  Connecticut (USA) ou au Canada – selon les lieux de tournage du film. Cependant on peut naturellement apprécier dans le film la qualité de vie dont jouit – ou jouissait- la petite famille modèle dans cette maison faite de bois et de verre, de volumes qui s’enchevêtrent, etc.

esther 2

Loin de vouloir faire la critique du film – qui en a déjà eu son lot – on peut simplement attirer l’attention sur la cohésion profonde qui existe entre les films du genre « horreur » et les lieux où se tiennent leurs intrigues. Soit il s’agit de lieux d’exception et/ou remarquables d’un point de vue architectural, soit de lieux extrêmement quotidiens et banals. L’aspect « isolé » en est souvent le fil rouge.

esther1

Dans le cas du film Esther/Orphan comme dans celui de l’excellent film « When a stranger calls » – ou « Terreur sur la ligne»  de Simon West, les protagonistes sont bien souvent pris au piège de la mort mais dans des lieux à la base étudiés architecturalement pour apporter calme et sérénité. On retrouve cela à l’extrême dans le film The Grudge de Takashi Shimizu où les victimes ne sont jamais à l’abri, jusque dans leur propre lit… Cette dualité entre l’angoisse montante et des lieux « apaisants » est sans aucun doute un des mécanismes – parmi tant d’autres – utilisé par les metteurs en scène pour faire monter – ou conserver – l’angoisse et le malaise chez le spectateur… Bien évidemment, des films d’horreur avec des lieux déjà anxiogènes – comme des prisons, des asiles et des maisons abandonnées – sont également légions. Mais il m’apparaissait intéressant de souligner ce paradoxe…

Lakeside-House

 

Courtyard

 

Zen-interior

Par ailleurs, si les maisons contemporaines dans les films ne fascinent pas toutes de la même manière – tout le monde retient la maison des vampires de la séries « Twilight » –  il faut bien avouer que ces maisons, étudiées par leur architecte dans leurs perspectives, leurs espaces, et leurs proportions  entre pleins et vides, possèdent autant d’atouts de mises en scène étudiées par les metteurs en scène. L’architecte magnifiant le film et le film magnifiant l’architecture

Avez-vous d’autres exemples à partager ?

Freymann Arnaud

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Commentaires (2)

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    E Mondriet

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    Voilà donc un bon article, bien passionnant. J’ai beaucoup aimé et n’hésiterai pas à le recommander, c’est pas mal du tout ! Elsa Mondriet / june.fr

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      crearch

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      Merci de votre commentaire très positif et encourageant. Désolé pour cette réponse tardive, mais notre blog a été hacké et donc fermé durant de très longs mois. Bonne journée

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